Version à jour de l’Oeuvre au Rouge

J’ai atteint les limites de google doc pour héberger mes règles de jeu de rôle… Trop lent, trop difficilement accessible, sans historique des fichiers, il ne correspond pas bien à ce dont j’ai besoin.

J’ai donc passé le texte de L’Oeuvre au Rouge sur un nouveau site : https://www.gitbook.com/book/guillaume-alvarez/l-oeuvre-au-rouge/details

Il a plusieurs avantages pour mon utilisation :

  • possibilité de consulter les règles en HTML statique (et donc accessible sur un téléphone portable ou une tablette un peu ancien)
  • génération automatique d’un sommaire
  • recherche intégrée et efficace
  • édition et lecture performantes
  • génération automatique des fichiers PDF et ePub correspondant
  • suivi précis des modifications

Si quelqu’un y rencontre des problèmes merci de me le signaler.

Je laisse la feuille de personnage sur google doc car pour le coup l’édition en ligne est bien pratique.

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L’Oeuvre au Rouge, intrigues et destins dans l’Europe Renaissance

Domenico Feti, Portrait d’un chercheurDepuis mon premier post j’ai beaucoup travaillé sur l’Oeuvre au Rouge. J’ai fait plusieurs parties de test, fait évolué les règles, participé en tant que simple joueur, réécrit tout pour le rendre plus lisible et je dois avouer être maintenant assez satisfait du résultat.

Le jeu est fluide, permet des intrigues complexes aboutissant à des scènes finales d’une grande tension dramatique. Il permet de jouer des savants humanistes comme des monstres expérimentateurs, des fanatiques religieux comme des nobles généreux, toute une galerie de personnages qui peuplent une Renaissance européenne fantasmée.

Il a même été joué dans le contexte de la révolution française, où sans changer une virgule au texte il fonctionnait très bien !

Le système est suffisamment simple et intuitif pour ne pas brider les joueurs mais au contraire les pousser à enrichir l’histoire qu’il créent ensemble. Il permet à la fois l’affrontement et la collaboration, faisant même du choix entre les deux un enjeu majeur de la victoire ou de la défaite.

Par contre il n’a jamais été pratiqué que parmi les joueurs que j’ai autour de moi, notamment par les ateliers du Potajeux, avec qui je peux partager mes idées et mes opinions.

Voici le PDF du jeu (9 pages à lire + 2 à imprimer, et c’est écrit gros), si vous le lisez donnez-moi votre avis je vous en prie, si vous le jouez dites-moi s’il vous plait ce qui vous a plu et déplu :

Règles de L’Oeuvre au Rouge, jeu de rôle sans meneur dans l’Europe de la Renaissance

😀

36, rue des orfèvres

Orfèvres médiévauxComme chaque année je serai au FOG à l’INSA de Rennes. J’y ferai jouer une partie de Regnum Christi le samedi après-midi.

Nous sommes à l’aube du XIIIe siècle, en la royale ville de Paris. Une poignée de crimes horribles, certainement l’œuvre de démons ou d’hérétiques, a plongé dans l’effroi les orfèvres du quartier St Germain. Alors que la prévôté et l’évêché sont plus intéressés par leurs luttes de pouvoir que par la mort de quelques innocents, la guilde met sur pieds un comité pour mettre fin à la série sanglante.

Trouveront-ils le meurtrier ? L’empêcheront-ils d’aller au bout de sa série sanglante ? L’archevêché a-t-il couvert ses crimes ? La prévôté réussira-t-elle à contrôler la guilde des orfèvres ? C’est quoi un Cathare ? Qui de Philippe Auguste et Jean sans Terre aura raison de l’autre ? Autant de questions auxquelles les joueurs pourront répondre…

Voici le lien pour plus d’information et les inscriptions.

Ars Magica Light (moins de 60% de digression)

Ars Magica LightL’information peut intéresser ceux qui se seraient lassés des règles trop compliquées d’Ars Magica : Jérôme Darmont en a fait une version plus légère, plus simple, disponible sur son site web. C’est une bonne idée vu la sortie récente de la traduction française, et une solution à un problème récurrent de ce jeu.

Ars Magica rencontre Weight Watchers

Il fait une première passe bienvenue sur les fondements du système, en simplifiant tous les aspects : d6 et non d10, moins de compétences, moins de vices et vertus, suppression des caractéristiques, moins de points d’expérience à attribuer… Le combat est aussi un peu simplifié, exit la fatigue, et surtout clarifié par rapport aux règles de base. Je pense qu’en jeu cela allège effectivement les calculs du MJ et des joueurs, leur permettant de se concentrer davantage sur l’histoire racontée.

La magie, gros morceau, est aussi bien rabotée : pas de rituels ni de formules, tout est magie spontanée. Des modificateurs moins nombreux et une table des effets possibles facilitent l’estimation du niveau d’un sort. C’est un peu dommage de supprimer tous les modificateurs servant à passer la résistance magique, c’était une bonne source de rebondissements et d’histoire, mais je reconnais que ça allège les calculs. Les totaux de laboratoire sont mis au même régime. Le résultat se voit bien sur la feuille de personnage en annexe du PDF : une seule page pour un magus.

Difficulté 8 : Faire apparaître une digression (CrMe)

Il y a certainement une passe d’équilibrage à faire, mais le principe est intéressant si on cherche quelque chose qui reste proche d’Ars Magica. Si on souhaite s’en éloigner davantage je pense qu’il faudrait utiliser des aspects à la Fate pour modéliser plusieurs pans du système : les vices et vertus évidemment, les bonus de pénétration si le personnage a un horoscope ou une figurine de la cible, les traits de caractères, les auras, etc. Cela permettrait de répercuter la complexité de l’univers dans le système, sans l’alourdir pour autant. C’est la direction dans laquelle je suis parti avec Regnum Christi, mais cela revient à expliciter l’univers lors de la partie.

Ainsi dans Ars Magica le système, avec son avalanche de sous-systèmes de et règles particulières crée implicitement un univers où la magie, ce qu’elle peut faire, à quel prix, avec quelle ampleur, est très précisément définie (mais hélas en contradiction avec l’univers présenté dans le livre de base…). Est-ce facile de transformer un chien en poisson ? Combien de temps faut-il pour créer une tour de glace ? Un spécialiste de Perdo a-t-il ses chances face à un maître en Ignem ? Toutes ces questions ne sont pas répondues par la description de l’univers mais bel et bien par le système de magie. Des questions similaires sur des domaines plus vulgaires (est-ce dur d’abattre un arbre ? combien de temps pour aller de Tinténiac à Saint Malo en cheval ?) n’ont pas besoin d’autant de détail dans le système car le bon sens ou la connaissance d’un univers ancré dans le réel suffit à y répondre.

Utiliser des aspects/traits/autres donne la responsabilité aux joueurs (MJ plus ou moins inclus selon le jeu) de définir la magie dans l’univers de jeu. On n’ausculte plus le livre de règle pour savoir si tel sort est possible, on le décide entre joueurs. C’est certainement différent, avec un risque de déséquilibre, de trop ou de pas assez. Personnellement j’apprécie la fluidité que ça apporte à la partie, et le risque est au final bien anodin par rapport aux déséquilibres existant même dans les systèmes vendus dans le commerce. Et puis sérieusement, comment équilibrer a priori un univers où les joueurs peuvent TOUT faire et dans n’importe quel ordre? C’est encore plus complexe qu’un problème NP !
 

J’ai gagné un prix à Eclipse !

loupJe me permets bien peu humblement ce très court article pour signaler avec beaucoup de retard que l’audace paie. J’ai envoyé mon scénario Lou Beste de Peyzac à la convention Éclipse pour leur concours de scénario. Et j’ai fait deuxième (sur 8 m’a-t-on dit). J’avoue que ça m’a fait très plaisir, d’autant plus que j’avais peu d’espoir avec un scénarion sur un jeu inconnu comme Regnum Christi 🙂

En tout cas l’année prochaine je retente : tant que je gagne je joue.

Et une petite image du lot gagné, le manuel des joueurs de Fading Suns : Fading_Suns

Regnum Christi, une tentative de jeu de rôle médiéval historique

Après plusieurs années à jouer à Ars Magica j’ai accumulé une certaine frustration. Le système n’est guère pratique et l’univers manque de cohérence. J’ai donc eu l’idée de faire mon propre jeu de rôle, aux règles plus simples et à l’univers moins fantaisiste.

Baptisé Regnum Christi (le Royaume du Christ en mauvais latin d’église), j’ai formalisé et mis par écrit mes idées. J’ai pu les tester à plusieurs reprises sur un scénario dont je livre ici les notes. Ces règles ne couvrent pour l’instant que les activités mondaines (guerre, intrigues, commerce, etc.) et non la magie. Je pense continuer dans cette direction et y ajouter une partie magique, avec différentes traditions et des instructions simples pour en créer de nouvelles.

Regnum Christi – Règles

Regnum Christi – Feuille de Personnage 

The King in Yellow, de Robert W. Chambers

The King in Yellow, de Robert W. ChambersSkyrim est une drogue dure, une fois qu’on y a goûté il est difficile de le lâcher… J’ai tout de même trouvé le temps de lire le Roi en Jaune de Chambers. Intrigué par sa réputation, le livre original ayant été éclipsé par son personnage, intéressé pour en faire un thème des Mystères du Temps (quand on y fait attention c’est fou le nombre de dieux, de rois et de mouvements associés à la couleur jaune), mis en bouche par les quelques extraits que j’ai pu en lire et les retours d’un soirée enquête sur ce thème, j’ai cherché l’ouvrage. Difficilement trouvable en français, j’ai opté pour la VO, pas chère du tout sur Amazon, le livre, un recueil de nouvelles comme je m’en suis aperçu à la réception, étant d’ailleurs plus petit qu’escompté.

The King and the Pallid Mask

Souvent associé à Lovecraft et au mythe de Cthulhu, en vérité bien moins présent dans les travaux d’écrivain que dans ceux ayant récupéré son univers, le Roi en Jaune est dans son été d’origine plus un livre, un mythe, qu’un personnage à par entière. Sur les dix nouvelles, seulement les quatre premières portent sur ce thème. Pas forcément le ressort principal de l’intrigue on y voit tout de même apparaître « The King in Yellow« , une pièce de théâtre maudite poussant à la folie ceux qui ont la témérité de lire son second acte. Parfois l’ombre du Roi lui-même plane sur les protagonistes de la nouvelle, parfois son Signe Jaune apparaît griffonné sur un papier au détour d’une ruelle…

Ces quatre nouvelles mettent bien en évidence la parenté littéraire entre Chambers et Lovecraft. Le style est d’apparence factuel et élégant quand il décrit la vie quotidienne, les rencontres banales, légèrement méprisant ou admiratif pour les autres personnages, en tout cas jamais neutre. Il porte le regard du lecteur entre romantisme et décadence dans une ville de New York futuriste ou un quartier de Paris nostalgique. Ce regard est déséquilibré, dans son point de vue où toujours une chose lui inspire un sentiment extrême qui teinte tout jugement, dans sa description où ce qu’il ne décrit pas pèse comme une menace à la frange du champ de compréhension du lecteur.

Petit à petit une ambiance pesante, une aura de mystère tendue sur l’angoisse des personnages, s’installe. Le lecteur sent et appelle le dénouement pour trancher dans le brouillard entre le personnage principal et une « réalité » troublée. Mais avant ce paroxysme surgit « The King in Yellow« . Trainant innocemment sur une cheminée, lu par erreur ou par désœuvrement, le livre maudit et ses thèmes précipitent l’apparition d’éléments fantastiques. L’horreur est celle de Poe : non dite ou si peu… À peine décrite, elle envahit l’histoire par touches impressionnistes, Chambers préférant lancer au lecteur des noms de lieux inconnus, presque incantatoires, menaçants :

Night fell and the hours dragged on, but still we murmured to each other of the King and the Pallid Mask, and midnight sounded from the misty spires in the fog-wrapped city. We spoke of Hastur and of Cassilda, while outside the fog rolled against the blank window-panes as the cloud waves roll and break on the shores of Hali.

C’est ici qu’on trouve la plus claire inspiration pour Lovecraft, il use de la même ficelle quand il est question de Grands Anciens et de livres impies rédigés par des fous et lus par des dilettantes trop curieux.

La cueillette des moules en Bretagne profonde

L’histoire suivante, The Demoiselle d’Ys, est d’un tout autre tonneau. L’atmosphère y est celle de l’amour courtois, des histoires galantes et voit un jeune américain de bonne société se perdre dans la brume des landes bretonnes. Agréable à lire, véritable détente après le climat brumeux des nouvelles précédentes, moins ambitieuse aussi. Petite promenade champêtre où l’auteur met en avant sa connaissance de la langue française, et de la fauconnerie, faisant assaut d’esprit et de belles phrases.

Si elle ne dépareille pas le recueil en qualité, cette nouvelle change de ton un peu violemment par rapport aux précédentes et j’avoue que ce choix d’édition m’est resté en travers de la gorge.

C’est d’autant plus regrettable qu’elle est suivie de The Prophet’s Paradise. Pour le coup on renoue avec l’atmosphère trouble des premières nouvelles, moins sombre peut-être. Ces petits poèmes en prose sont, pour celui qui ne s’énervera pas à les interpréter, très évocateurs. Oniriques, leur forme répétitive rappelle une mélopée religieuse. Ils appellent à la rêverie sinon à la méditation.

Les Beaux Arts et leurs jeunes modèles

Les quatre dernières nouvelles se déroulent au milieu des étudiants en arts, peinture et sculpture en l’occurrence, de Paris. L’époque est vague, juste explicitée dans « The Street of the First Shell » (le siège de Paris en 1870), postérieure pour les autres, probablement celle où Chambers était lui-même étudiant à Paris. Il brosse des portraits hauts en couleurs de jeunes artistes, de leurs modèles féminins, de leurs logeuses, maîtres, etc. Toute une faune s’agite avec vigueur pour profiter de la vie dans un Paris décrit de manière précise, même si pas forcément réaliste, comme teinté par la nostalgie de l’auteur.

Diamétralement opposées aux premières nouvelles, celle-ci dégagent une joie de vivre contagieuse servie par un style enlevé mais un peu vain qui s’écoute par moment écrire et radote d’une nouvelle à l’autre. Je trouve dommageable le choix de regrouper toutes ces nouvelles dans un même recueil. L’auteur est doué certes, mais juxtaposer deux styles aussi différents donne une impression de fatras, d’un recueil facile et fourre-tout dont la première trame est inachevée et la seconde présente uniquement pour compléter le livre jusqu’à ce qu’il ait une taille standard. Ou peut-être était-ce un moyen de publier des histoires de jeunesse un peu trop macabres pour l’éditeur ?