l’amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder

L'Amour dure trois ansEn voyant le public dans la salle du cinéma, l’évidence s’est imposée à moi comme la redevance à ma télévision : je n’allais pas voir un film de zombies. Le nombre de couples et de jeunes filles groupées et pépiant, lycéennes ou jeunes étudiantes, laisse entendre que beaucoup y sont allé(es) après avoir lu le livre homonyme. Pas moi, mais je ne suis pas sûr qu’il fallait.

490 cents…

…pour un film qui fait beaucoup penser à 99 francs, d’après un bouquin du même auteur. L’humour est le même, noir mais consensuel, aux ressorts faciles mais aux termes recherchés. Le thème aussi est assez semblable, superficielle dérision de la superficialité des choses modernes. C’est enfin inspiré de la vie de la même personne (de ce qu’on m’en a dit) qui est le réalisateur de ce film. Beaucoup de point communs donc, les principales différences étant l’intrigue, le réalisateur et les acteurs.

Il s’agit ici d’une comédie romantique, qui suit à la lettre les différentes étapes des classiques américaines, avec un séquencement je t’aime pas, je t’aime, je t’aime plus tout ce qu’il y a de plus classique, sans parler de la fin qui embrasse le cliché jusqu’à la glotte. C’est peut-être un peu moins niais que les films de Katherine Heigl mais pas beaucoup moins prévisible. Oui c’est vrai, cette fois c’est l’homme à gros pif  qui cherche l’amour de sa vie et non la femme au joli minois, mais on ne peut pas dire que cette différence change la face du monde.

J’ai beaucoup ri ceci dit, à l’unisson avec la salle, le ton reste très léger tout du long, toujours comique, un peu sarcastique. L’intérêt n’est clairement pas l’histoire d’amour, ce sont les bons mots (de Frédéric Beigbeder), les scènes cocasses (de Frédéric Beigbeder) et l’acharnement sur Marc Levy (continuel). On y sourie toujours de bon cœur, on y ri souvent. Les blagues courtes sont les meilleurs et jamais le film ne s’appesantit sur une scène sans inclure un détail comique. De ce point de vue c’est un boulot très correct.

le film dure une heure et demi

Et c’est pas plus mal car s’il est drôle il manque dramatiquement de croquant, de texture.

Les deux acteurs principaux sont certes sympathiques mais ressemblent plus à des marionnettes. Dans 99 francs Jean Dujardin incarnait un personnage, ici Gaspard Proust récite le texte de Beigbeder comme celui-ci pourrait le faire sur un plateau de télévision, avec une ressemblance physique assez frappante. Pourquoi en plus d’écrire et de réaliser le film celui-ci n’y a-t-il pas joué son rôle ? Quant à Louise Bourgoin, elle est très  mignonne mais semble aussi un peu forcée, pas très inspirée.

Le décalage apparaît surtout quand Valérie Lermercier arrive sur scène, dans un intérieur de bureau très quotidien, et allie à un texte décalé un talent réel, déclenchant le premier grand rire du film. Même Joey Starr incarne mieux son personnage secondaire (dont j’ai beaucoup apprécié les péripéties finales, pour le coup inattendues) que les deux acteurs principaux.

Sans surprise la mise en scène ne brille pas non plus. Pas particulièrement imaginative elle aligne scène après scène comme une succession de sketchs. Rien de rédhibitoire toutefois, le but du film est d’amuser (en tout cas j’espère, sinon c’est raté, à part s’il s’agit de faire de la pub à Beigbeder) et il y réussit sans sortir les gros moyens. C’est léger, amusant, par moment vraiment drôle, ça se regarde bien sans trop en attendre, sans profondeur mais sans ennui.

The Artist

The ArtistL’idée de base ne m’avait pas convaincu (Chantons sous la pluie j’ai déjà donné) mais en ayant eu de nombreux retours positifs je me suis décidé à y jeter un œil. Pour ceux qui n’auraient pas entendu parler de ce film, il conte l’histoire de Georges Valentin, un acteur de film muet confronté à la réussite des films parlants à la fin des années 1920.

~~ « Qui est cette fille ? » ~~

L’acteur renommé et sa petite moustache, sa femme aigrie et ses milliers de tenues, la jeune débutante avec un sourire lumineux, le producteur cigare vissé au bec, le fidèle majordome, tous les personnages sont déjà vus. Il s’agit d’archétypes assumés de l’époque, connus et reconnus, interprétés comme tels, avec force mimiques et gestes les identifiant clairement. Les acteurs sont à mon goût impeccables, Jean Dujardin brillant, incarnant parfaitement ces clichés, on pourrait souvent les confondre avec des acteurs d’époque.

L’histoire est du même tonneau : déjà vue. Plus que d’un scénario classique il s’agit d’un conte : peu de surprises, le spectateur sent bien venir les rebondissements mais l’empathie pour les personnages est particulièrement soignée. Au final on nous raconte une histoire sur un type qui se retrouve marginalisé quand son métier disparait, pas inintéressante pas révolutionnaire non plus, mais très prenante. C’est peut-être la limite de l’exercice de style qu’est ce film ? Il ne doit guère être facile de mettre en œuvre une intrigue très complexe sans dialogues.

~~ « Mais pourquoi tu ne veux pas parler ? » ~~

En effet sa forme est le second (après les acteurs) atout du film. Parlant d’un acteur de film muet, il s’agit bien d’un film muet en noir et blanc. Techniquement la reconstitution est excellente. Les acteurs surjouent plus ou moins légèrement pour compenser l’absence de dialogues, le décor des films des des années 20/30 est très bien rendu, quelques cartons illustrent les dialogues, même la musique quasi-omniprésente rappelle les films de Chaplin. Certainement le réalisateur maîtrise les codes de son pastiche. Surtout il ne se restreint pas à faire un film muet sur les films muets mais fait un film qui a son intérêt en tant que tel.

Le fait qu’il soit muet donne d’ailleurs un effet intéressant : ni les dialogues dont seuls les plus importants donnent lieu à carton ni la musique purement symphonique ne distraient le spectateur de l’image, ici très dense. La scène de retrouvailles dans l’escalier du producteur aurait pu n’être qu’un flirt, elle devient un jeu complexe sur les expressions des visages et les mouvements de foule. Celle dans la maison désertée sous la pluie n’est pas qu’un dialogue triste mais une suite de vignettes presque expressionnistes montrant de la manière la plus crue, à coup de plans, contre-plans et rayons de lumière la solitude de Georges Valentin.

Le réalisateur se permet aussi de nombreux clins d’œil, soit des allusions plus ou moins discrètes au fait que le film soit muet (panneaux « silence » astucieusement disposés, refus de certains personnages de parler, séquence du rêve, personnages n’entendant pas un bruit évident à l’image), soit des clins d’œils à d’autres films (Vertigo, les films de Fritz Lang, Chantons sous la pluie, etc.). C’est souvent amusant, introduisant un effet comique qui avec l’humour burlesque de certaines scènes (le chien mérite un César !) allège le récit dont le fond est bien mélo, faisant franchement rigoler par moment.

~~ « Les gens aiment me voir, pourquoi voudraient-ils m’entendre ? » ~~

Mais le trait le plus frappant est que malgré l’absence de dialogues et de bruitages je ne me suis ennuyé à aucun moment. Il se passe en permanence quelque chose à l’écran, les plans parfois insistant sur tel objet, tel personnage, s’arrêtent bien avant que ne vienne l’ennui. La caméra bouge beaucoup, d’une façon pour le coup plus moderne que ses modèles passés où les contraintes techniques la forçaient plus statique. De même le jeu physiquement très expressif des acteurs fait qu’un minimum de texte est nécessaire pour bien suivre la progression de l’intrigue.

Je me demande tout de même pourquoi les textes sont en anglais (sous-titré français) dans les copies diffusées en France ? L’effort pour les traduire aurait été mineur, et ceux des films l’étaient généralement, bizarre. À part ce détail étrange j’ai été complètement conquis par le film, très émouvant. Il ne faut certainement pas relancer la production de films muets, The Artist doit rester une exception. Mais c’est une exception remarquable en ce qu’au-delà de l’expérience (un film muet au XXIe siècle) il est un film très agréable à regarder, pas juste une comédie burlesque ou un pastiche.

Midnight in Paris (Minuit à Paris)

Midnight in Paris (Minuit à Paris)J’avais mis le dernier Woody Allen sur ma liste des films à voir, c’est maintenant chose faite, en VOSTF d’ailleurs. Une petite comédie sentimentale ça ne fait jamais de mal, et même si il n’est pas toujours très inventif Woody Allen connaît bien son métier.

Sous le ciel de Paris…

Le pitch est très classique. Un jeune couple d’américains se rend à Paris pour voir la famille de la demoiselle, Inez, et satisfaire aux envies romantiques du jeune homme, Gil, écrivain de son état. Alors qu’elle préfère les fêtes et les soirées, lui cherche l’ambiance du Paris des Années folles, son âge d’or rêvé depuis la Californie.

Évidemment plus ils s’immergent chacun dans leur milieu plus ils divergent dans leurs visions du futur commun. Une touche de fantastique apparaît quand Gil, pris en pleine nostalgie des années 20, se voit accosté dans une rue de Paris par un couple de cette époque. Il va alors passer ses journées dans le Paris moderne, ses nuits auprès des surréalistes et des américains venus chercher inspiration et conseil au Paris des années folles.

Un festival de références culturelles

Interviennent en vrac Dali, Hemingway, Man Ray, Buñuel, Picasso, F. Scott Fitzgerald et pléthore d’américains expatriés à Paris. Si certaines références ne seront pas obscures pour des français, on sent tout de même qu’il s’agit d’un film américain à l’accent mis sur Gertrude Stein, T. S. Eliot ou les époux Fitzgerald, personnages méconnus par ici, ne faisant pas, à la différence des autres pointures de l’époque, partie de nos programmes scolaires.

Il ne s’agit pas que de clins d’œil, comme on pourrait s’y attendre, mais bien de personnages à part entière. Dali, Picasso et surtout Hemingway occupent le champ assez longtemps pour dresser un portrait fait de clichés bien reconnaissable, permettant au spectateur de les identifier et cerner rapidement, et d’interactions avec le personnage principal. Chacun très bien interprété, avec un texte souvent assez second degré pour qui connaît leurs œuvres, ils sont un plaisir à regarder.

Reculer pour mieux avancer, ou trois petits pas de lapin en arrière suivis d’un bond de rhinocéros géant en avant

Mais ce voyage temporel n’est pas qu’une fantaisie d’auteur, c’est la manière pour le personnage principal de creuser son envie nostalgique qui le fait rêver d’un âge d’or passé, de soigner sa nostalgie d’une époque où il n’était pas encore né. En se confrontant à ses idoles artistiques il va comprendre, trouvant sans chercher vraiment, ce qui lui manque, pourquoi sa vie ne le satisfait pas. Facilité d’écriture pour Woody Allen, le héros se veut romancier, permettant de suivre dans l’avancée de son livre ses errements intérieurs.

Owen Wilson m’a surpris. Je le connaissais surtout pour des comédies plus ou moins drôles, dont un certain nombre avec Ben Stiller. Il joue mieux que ce à quoi je m’attendais, de beaucoup (à la différence d’une certaine Carla B., assez coincée je dois dire). Parfaitement à l’aise dans son rôle de touriste perdu dans son rêve, il hésite, tente, essaie toujours avec un grand naturel. Il rend son personnage merveilleusement sympathique alors qu’il aurait pu être, mal joué, profondément énervant.

Ce film est très loin de l’atmosphère trouble et complexe de Scoop ou Match Point. C’est une bluette amusante, fort bien faite, avec de très belles images, par un professionnel du genre. Certainement pas la plus grande œuvre de Woody Allen, ni la plus originale, elle n’en est pas moins distrayante et suffisamment malicieuse pour passer un très bon moment.

Very Bad Trip 2

Very Bad Trip 2Le premier Very Bad Trip était amusant. Au-delà de la traduction douteuse (le titre original est The Hangover, traduire de l’anglais en anglais plus simple c’est d’un goût…) il ne prenait pas la tête, recyclait agréablement des clichés, et utilisait bien son procédé scénaristique : la découverte après coup des aventures d’une nuit de cuite.

Bangkok ? De la drogue, des moines…

A Las Vegas tous les délires étaient à base de tigres sympathiques et de bébés vagissants. A Bangkok on ne trouve guère que des moines et de la drogue. Tout de suite c’est moins drôle. Le singe est bon, pas pour rien qu’il est au milieu de l’affiche, bien utilisé, mais autour ça surnage à peine. Même la bande-son, pourtant déjà pas formidable mais bien entrainante, est plusieurs crans en-dessous.

Bangkok ne vous fera plus rêver après ce film, c’est certain. Autant Vegas est présentée comme une ville de folie douce, autant la capitale thaïe est dangereuse, violente. Là où auparavant les cabrioles des protagonistes ne prêtaient pas à conséquence ou du moins leurs aventures potaches apparaissaient comme devant avoir une issue heureuse, ici leur vie est en jeu, sans pour autant aller jusqu’à un humour noir assumé. C’est bien moins léger, moins amusant du coup aussi.

Qu’est-ce qui fait vendre ? Le sexe et la drogue !

Le script est le même que le précédent, à peu de choses près, en plus trash. Les mêmes scènes, la même intrigue, les mêmes personnages, sans parler des ressorts scénaristiques, attendus à des kilomètres. Alors pour se démarquer un peu du premier les producteurs ont choisi d’en rajouter dans l’ordurier et le glauque.

Le temps est glauque, les lieux visités sont glauques, les personnages rencontrés sont glauques (et parlent tous anglais, quand ils parlent), tout en essayant de garder un peu d’humour, celui d’un corps de garde. Les acteurs ne sont pas mauvais pourtant, ce sont les mêmes. La seule véritable différence ce sont les scénaristes qui ont changé, et ça ouvre une faille entre les deux films.

Jamais deux sans trois ?

Cette suite à un bon petit film potache est de trop. Ceci dit j’ai bien peur qu’ils ne s’arrêtent pas là, il parait qu’un 3e est en production. Serait-ce le futur American Pie pour vieux ados ?

Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence

Pirates des Caraïbes : la Fontaine de JouvenceLes précédents (numéro 2 et 3 de la série) étaient assez mous et souffraient du syndrome de la suite. On sent bien que pour ce quatrième opus les producteurs ont voulu revenir à ce qui a fait le succès du premier : de l’action, du burlesque, des répliques stupides et une histoire secondaire noyée dans l’eau de rose.

De la pirate-fantasy grand spectacle

Des pirates cruels, des au grand cœur assoiffé d’aventure, un roi goinfre et méprisant, une femme qui commande un navire, des sirènes carnivores, un sabre magique qui dirige les bateaux, une fontaine qui accorde la vie, des espagnols fanatiques… C’est cliché, pas historique pour un sou, fantastique assumé.

Les effets spéciaux suivent, les moyens ont été mis pour que le spectacle soit assuré jusqu’au bout. La 3D n’est pas dégueulasse, sans apporter grand chose la plupart du temps mais au moins sans faire mal à la tête. Les scènes d’actions sont par contre parfois un peu statiques, la caméra un peu lourde, pas toujours aussi virevoltante qu’on le souhaiterait. Certains seconds rôles ne sont pas non plus aussi exubérants qu’il le faudrait, Barbe-Noire par exemple est un peu terne, c’est bien dommage pour une figure comme la sienne. Cela laisse certes le champ libre à Johnny Depp, qui abat à une cadence phénoménale, mais laisse un vide quand il n’est plus à l’écran.

Un one Johnny Depp show

Cela est acceptable pour un film qui pourrait avoir son intrigue centrée sur un personnage principal. Ici il n’y a tout simplement pas d’intrigue. Les scènes suivent à grand-peine un ordre chronologique aux repères brouillons. Toute la progression vers la fameuse fontaine se fait hors caméra, le spectateur ne voit que les clashs entre les différents protagonistes quand leurs routes se croisent. En somme c’est une chasse au trésor (thème de pirates s’il en est) où on ne voit pas la recherche d’indices, juste les pirates qui se le disputent.

Les sketchs s’enchaînent donc, les meilleurs étant comme attendu ceux avec Johnny Depp, qui joue, surjoue, abuse de son rôle de capitaine pirate pour en faire un rôle de Johnny Depp chez les pirates, proche de ce qu’il était dans les précédents films. C’est drôle, parfois inventif, il y a de très belles scènes, mais ce n’est pas un film, juste un divertissement un peu cher.

Detective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme

Detective Dee : Le Mystère de la flamme fantômeJe l’avoue, même si je ne suis pas un grand fan de films d’arts martiaux j’apprécie les beaux costumes, les combats chorégraphiés et les histoires ridicules. Un bon représentant s’il en est serait Le Secret des poignards volants. Cette histoire, inspirée d’un Juge Ti corrigé par Tsui Hark, m’a semblé très prometteuse.

Le juge, l’impératrice et les cloportes

Je passe sur l’intrigue. Rapidement. Disons juste que mettre dans un même film une impératrice ambitieuse, un juge résistant, un Bambi qui parle, des cloportes agressifs et Barracuda (si si) ça fait peut-être beaucoup. Ceci dit je n’en attendais pas moins ! Aurait-il prétendu au réalisme, mon estime pour le film en serait tombée bien bas. Au contraire il a toutes les audaces et ne s’encombre guère d’une vraisemblance inutile.

Tous les personnages sont assez ridicules dans le fond.  Leurs motivations, leurs agissements ne sont pas vides de sens, ils en ont trop. Chacun est au moins deux ou trois archétypes à la fois, changeant en fonction des scènes, prenant toujours le parti qui revient à dire « j’ai plus la classe que toi ». C’est assez inventif de ce point de vue, très maîtrisé et assumé par les acteurs.

Il le faut car faire un bond de 5 mètres pour cueillir une fleur c’est beau et drôle à la fois. Tout comme la façon pleine de « tact » dont l’albinos mène une enquête de voisinage voulue discrète, laissant un sillage de larmes derrière lui. L’histoire est plein de ces détails, en aucun cas essentiels mais qui donnent une ambiance fort intéressante.

Le carton-pâte c’est bien, l’informatique c’est mieux

Grande nouveauté de l’œuvre : l’usage intensif d’effets informatiques. Heureusement le carton-pâte et la résine gardent leur place pour tout l’attirail, les vêtements, les petits décors, mais l’informatique donne une liberté rarement vue dans ce genre de films. On sent que le réalisateur n’a plus à se priver de faire des scènes d’extérieur. Les vues sur le port, le palais ou le marché fantôme sont très travaillées, manquant pour cette fois un peu de réalisme (les voiles des bateaux notamment m’ont choquées) mais tout à fait dans le ton.

Les combats aussi y gagnent. Pas tant pour les figures acrobatiques, toujours faites à l’ancienne avec force sauts câblés, que les jeux de lumières et de vêtements. Il y a mine de rien de nombreuses façons d’utiliser des effets graphiques simples, plus que je ne l’aurais soupçonné. Hormis quelques touches un peu cheap les effets spéciaux contribuent au spectacle et ne cassent ni le rythme ni l’immersion. En enjolivant les images, en permettant des adversaires non humanoïdes, ils apportent une touche de fraîcheur au genre.

Camarade, voici la Chine !

En fait le point que j’ai regretté est la forte dose d’idéologie de ce film. Ce n’est certes pas une adaptation du petit livre rouge mais la ligne politique est clairement celle du parti communiste. Le regard sur les femmes, le gouvernement, la dissidence, les occidentaux est quasiment une métaphore de la Chine, vue sous un certain angle.

Ça n’empêche tout de même pas d’apprécier le spectacle, et pour ça on est bien servi. Toutes les ficelles habituelles y sont, de même que quelques nouvelles. C’est mine de rien inventif et hautement divertissant. Il n’y a pas de temps mort, toujours il y a quelque chose à regarder ou écouter. C’est du travail très pro, très agréable, qui atteint à merveille sont but.

Paul

PaulJ’aime beaucoup ce que fait Simon Pegg, Nick Frost et Edgar Wright. Hot Fuzz et Shaun of the dead bien sûr, deux petites perles d’humour et de dérision, mais aussi la série Spaced, toute aussi drôle, encore plus déjantée et pleine d’énergie. C’est pour quelque chose comme ça que je suis allé voir Paul, l’histoire de deux nerds qui font un roadtrip avec un petit gris entre la Comic-Con et la zone 51.

Paul est une bonne, voire très bonne, comédie américaine. On rit beaucoup, certaines scènes sont très bien trouvées. Par exemple celle de l’oiseau qu’on voit dans la bande annonce, celles avec les rednecks fondamentalistes sont aussi bien tordantes. Les deux acteurs sont très naturels, bien à l’aise dans leurs rôles, on les sent à leur aise au Comic-Con comme dans la zone 51. Les clichés sont moqués, les personnages ridicules, il y a au moins une blague par scène, même si parfois ça ne transparaît pas bien dans la VF, notamment les blagues qu’on devine sur les anglais, leur accent et leurs mœurs réputées vues par les américains.

Mais j’ai été déçu. Car ce n’est qu’une bonne, voire très bonne comédie américaine. On est loin des cornettos, parfum zombies ou bobbies. Les blagues sont bonnes mais volent bas, parfois très bas et sont loin d’être toutes très inventives. La mise en scène est aussi très classique, loin du rythme de Hot Fuzz ou Spaced. Certaines scènes sont trop longues, un peu de remplissage par-ci par-là est certainement de trop. D’autres gags sont un peu trop délayés. Non que ça empêche de rire, mais c’est décevant par rapport au niveau de leurs films précédents.

En fait j’ai l’impression que celui qui manque ici c’est Edgar Wright. J’ai vu son Scott Pilgrim et j’ai été bluffé. C’est certainement moins tordant que les cornettos mais c’est tout aussi rafraîchissant au niveau de la mise en scène et de l’image, plus même, on y sent la patte qu’il avait déjà mise sur Spaced. Frost, Pegg et Wright forment un trio épatant. Que l’un ne soit pas là et une part de leur intérêt disparaît ,même si le résultat très honorable. Ceci dit j’ai bon espoir pour le prochain cornetto, nommé World’s End si j’ai bien suivi les dernières informations.