Sept jours pour expier, de Walter Jon Williams

Sept jours pour expierVoici un livre étrange. Il est vendu par une collection de SF, vanté comme étant un grand livre de SF, écrit par un auteur de SF, mais le premier élément de SF n’arrive pas avant la moitié du livre. De fait la 4e de couverture évoque Steinbeck, qui n’est pas effectivement un écrivain de SF. C’est ce qui s’appelle avoir le cul entre deux chaises.

C’est la position idéale pour se casser la figure, et c’est bien ce qui arrive. Au moins dans sa traduction française  ce livre est loin d’être aussi envoûtant que ceux Steineck. Il y a clairement un solide fond, une vraie peinture de la vie dans une petite bourgade sinistrée du Nouveau-Mexique. On sent bien que l’auteur connaît son sujet, ou du moins en a une idée très précise qu’il veut faire passer, mais son style ne suit pas. Autant celui de Steinbeck est percutant, autant celui de ce livre est mollasson. Les dialogues sont pauvres, vides, ou ne servent qu’à donner une information liée à l’intrigue. Les descriptions quant à elles sont honnêtes mais sans plus.

L’élément science-fictif est également décevant. D’une part il arrive très tard, d’autre part il est assez mal amené. Le lecteur aura compris environ une centaine de pages avant le héros ce qu’il en est, les explications scientifiques sont incompréhensibles (ce qui est probablement voulu, l’histoire étant vue par un personnage sans culture scientifique) et l’idée de base n’est au final pas très originale, la toute faim laisse même un arrière-goût d’arnaque. On a au final l’impression qu’ on aurait pu s’en passer, que ce n’est pas le propos du livre, juste un moyen simple pour avoir une enquête policière difficile.

Celle-ci est pas contre rondement menée, débutant façon polar et continuant façon thriller. L’auteur maîtrise au final surtout cet aspect, qui fait que le livre n’est pas totalement mauvais. Il réussit à maintenir un certaine curiosité sur des détails, alors que l’essentiel a été compris depuis longtemps par le lecteur attentif. Il en profite pour faire passer tous les clichés possibles du genre : corruption de la police, querelles de juridiction, compagnies sans scrupules, etc. C’est bête, méchant et souvent prévisible mais ça se lit. C’est d’ailleurs bien entremêlé avec le thème des péchés capitaux et des églises radicales, qui est LA bonne idée du livre, bien pensée et bien traitée.

Ça se finit même, histoire de voir jusqu’où le personnage principal va aller dans son investigation. Au final on n’y gagne pas grand-chose, c’est une mixture où de gros morceaux surnagent dans le bouillon, j’étais surtout bien content de pouvoir passer à autre chose. Heureusement le livre est court, tous n’ont pas cette qualité.

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3 Responses to Sept jours pour expier, de Walter Jon Williams

  1. efelle says:

    J’ai apprécié le côté polar brut de décoffrage dans le désert. L’intrigue est en effet rondement mené et je ne me suis pas ennuyé avec ce divertissement sans prétentions. Peut être le dernier Walter Jon Williams a m’avoir accroché.

    • Imrryran says:

      Oui, l’ambiance est bien celle d’un polar, glauque, sèche et sentant la sueur. J’avoue que c’est un genre qui m’a toujours plus intéressé à l’écran qu’à l’écrit.

  2. Ping: Notre-Dame-aux-Ecailles, de Mélanie Fazi

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