L’Alchimiste, de Paulo Coelho

L'AlchimisteComme on m’a dit grand bien de ce livre, fort bien vendu apparemment vu le nombre qu’on en trouve chez les bouquinistes, je l’ai pris lors d’un raid pour remplir mes étagères. Je m’attendais à un gros pavé, j’avais rêvé d’un équivalent du Pendule de Foucault ou de L’œuvre au noir. C’est au final un petit roman, écrit très grand, au papier épais, l’affaire d’une ou deux heures de lecture tout au plus.

Sans éborgner une intrigue déjà myope, je peux dire qu’il s’agit d’un roman d’apprentissage, celui d’un jeune berger andalou, une parabole philosophique sur le voyage, les épreuves et le sens de la vie. Au cours d’un voyage initiatique il va apprendre comment vivre, aimer et rêver. Le problème de ce livre est que sa parabole est niveau terminale S. Le problème de ma lecture est que c’était pour moi il y a quelques années. J’aurais lu ce livre au collège je l’aurais adoré, je l’aurais lu au lycée je l’aurais apprécié, mais j’ai depuis lu trop d’auteurs qui manient bien mieux la plume pour trouver mon bonheur dans l’Alchimiste.

L’auteur décrit certes de belles scènes, il a la plume facile. Tellement facile qu’il allonge, délaie, noie son propos dans la carte postale et la photo souvenir. Les arabes sont soit des voleurs, soit éperdus d’honneur, les occidentaux sont savants mais n’ont rien compris au sens de la vie, etc. Chaque description se noie dedans, chaque scène est construite autour d’un cliché… Il y a plus d’exotisme dans l’Italie de Suarès ou la Provence de Giono que dans l’Afrique de Coelho.

Et il y en a des pages et des pages, une quantité étonnante pour un livre si court, un recyclage perpétuel, parfaitement écologique, aucune pollution d’idées ou de formules nouvelles. L’auteur a au passage oublié que l’exotisme qu’il cherche si fort ce n’est pas la carte postale mais la différence et la surprise. De surprise il n’y a pas, même le vocabulaire est restreint, surtout pas de mot exotique qui pourrait soulever l’intérêt, juste cette même prose facile, sujet verbe et complément parfois épicés d’une incise ou d’une relative, sur deux cents pages.

Mais ce livre étant un conte philosophique, il y a évidemment un message que l’auteur cherche à faire passer. Et croyez-moi il cherche très fort à ce qu’on le comprenne, on ne peut pas dire qu’il ait épargné ses efforts ! Chaque petite scénette est l’occasion de faire comprendre au lecteur qu’il faut suivre ses rêves, et que si on le fait on en sera plus heureux car si on a le cœur pur tout se passera bien. C’est optimiste soit, c’est bizarre considérant qu’au final le berger cherche de l’or, c’est surtout asséné à coups de marteau avec une subtilité pachidermique. C’est d’autant plus énervant que tout est dit très clairement par un personnage dès le début. Ce n’est d’ailleurs qu’un des nombreux deus ex machina du livre, arrivant à chaque fois que le personnage est un peu perdu, pour remettre une couche de philosophie de comptoir.

Parfois j’ai eu l’impression qu’il avait voulu copier le Petit Prince de Saint Exupéry. Il en reste bien loin, tant sur la forme que sur le fond.

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