Le peuple du vent, de Viviane Moore

Le peuple du vent, de Viviane MooreJ’ai pris ce petit roman, comptant une histoire de mort dans un petit château normand, parce qu’il me fallait en acheter deux pour en avoir un gratuit sur un stand d’Étonnants Voyageurs (et l’auteur devant venir en dédicace autant en prendre un signé), même si l’autre livre de Viviane Moore que j’avais lu était plus sympathique que passionnant. Je dois dire aussi que ce genre de bouquin est une bonne source d’idée pour mes parties d’Ars Magica, ou même de Mystères de Temps.  Au final l’auteur n’est pas venue, en tout cas je suis parti avant, mais le livre gratuit était pas mal du tout.

Toujours par deux ils vont…

…un maître et un apprenti, arpentant les routes de la Normandie médiévale, allant de château en château… Et je suppose résolvant gaillardement des mystères tout au long de leur périple. Le procédé est simple, avec le maître à la place de l’auteur, détective à l’anglaise, qui guide le jeune apprenti (et le lecteur évidemment) sur les traces du meurtrier. Umberto Eco faisait de même dans Le Nom de la Rose, ce n’est pas une nouveauté mais ça marche pas trop mal.

Le maître n’est pas trop supérieur (un peu orgueilleux même, comme dans Le Nom de la Rose aussi…), le jeune homme pas trop stupide, le lecteur n’est donc frustré ni par l’un ni par l’autre, même si parfois on sent venir trop longtemps à l’avance les révélations fracassantes, jouant pas mal sur des clichés déjà vus comme l’héritier caché ou la fille aînée qui se veut fils. L’inconvénient est qu’on n’est pas transporté, l’avantage est que l’ambiance est bien posée.

Des grosses pierres, de gros chevaliers, de gros sabots

Je n’ai pas douté avoir lu une histoire médiévale. Les châteaux sont en bonne pierre, fouettés par le vent et habité par des seigneurs normands brutaux et bagarreurs. Les paysans triment durs et s’écartent de la route quand une troupe d’homme en armes arrive au trot. Le forestier et le pêcher d’anguille rôdent à la périphérie de la communauté, taiseux et le regard sombre. Tous les détails ne sont certainement pas exacts mais on n’y prête guère attention : toujours il se passe quelque chose de typique, joli tour de magie de l’auteur qui attire les yeux là où il faut pour ne pas voir les trous aux coutures.

A la différence de la série centrée sur Galeran de Lesneven, les deux personnages principaux ont un passé, et certainement un futur. On peut donc espérer dans d’autres livres une montée en puissance de l’intrigue, au-delà de la simple enquête pseudo-policière. C’est peut-être ce qui pourrait pour moi faire la différence par rapport à pas mal d’autres romans médiévaux, car bien qu’il y en ai moult dans les rayons « polar » des librairies, ceux-ci se ressemblent souvent beaucoup trop à mon goût, me donnant l’impression de lire tout le temps la même histoire.

Quand à celui-ci plus particulièrement, eh bien c’est bien fait, pas trop mal écrit, assez complexe pour donner envie de lire le dénouement, et laisse présager de lendemains qui chantent. Mais ce n’est pas un chef d’œuvre, de la très bonne littérature de gare plutôt, et une source d’inspiration correcte pour du jeu de rôle.

Publicités

2 Responses to Le peuple du vent, de Viviane Moore

  1. florent says:

    Tiens, ca me fait penser à un bouquin que j’ai lu il n’y a pas trop longtemps, et qui m’a semblé une bonne inspi également : Le Temple et la Pierre, de Katherine Kurtz et Deborah T Harris. A découvrir je pense…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s