Les Cieux découronnés, de Tim Powers

Les Cieux découronnés, de Tim PowersUn livre avec un prologue où l’auteur explique que c’était son premier roman écrit et publié, qu’il l’a pondu à l’arrache et en était très fier est assez peu habituel. En fait cela sonne un peu comme une justification après-coup d’une erreur de jeunesse.

The show must go on and on and on and again…

Nous enchaînons ensuite directement sur les aventures de Francisco de Goya Rovzar, jeune peintre qui voit un coup d’état se commettre sous les yeux (et son père mourir, mais c’est anecdotique). Puis il est emprisonné, s’échappe, tombe sur un bienfaiteur, fait son trou, est pourchassé, s’échappe, trouve un autre bienfaiteur, pourchassé, laissé pour mort… Et ce n’est que le premier tiers du livre ! Ils se passe toujours quelque chose, c’est certain. Dès qu’une scène dure un peu trop longtemps, qu’il s’agisse de romance de politique ou qu’un personnage commence à raconter sa vie, systématiquement un combat éclate.

Ceux-ci sont d’ailleurs bien décrits, parfois inventifs, toujours très visuels. L’arme la plus courante est l’épée ce qui donne même en l’absence de capes une certaine classe aux engagements, émaillés de mots d’esprits pas très bien traduits (ou pas très bons à l’origine) entre les protagonistes. L’auteur se fait plaisir avec le vocabulaire technique mais sait l’employer de manière appropriée, sans rendre la lecture difficile pour quelqu’un comme moins qui n’est pas familier avec la technique de l’escrime.

Dumas, une lecture d’enfance

Pourquoi des épées d’ailleurs ? Ne s’agit-il pas d’un roman de SF ? On s’aperçoit vite, après une très rapide justification, qu’il n’y aura guère d’éléments scientifiques. La planète est tout simplement trop pauvre pour une technologie avancée, les armes à feu même sont des biens de luxe. Pourquoi pas ? Mais n’aurait-il pas été plus simple dans ce cas de se passer complètement de toute science-fiction ? Pas de fantasy non plus, de science ancienne perçue comme de la magie. Au final cela rappel surtout le moyen-âge et la renaissance des romans historiques du XIXe siècle, quelque part sous Dumas et Hugo. Un croisement entre Notre-Dame de Paris, Les Trois Mousquetaires et les romans de gare.

L’histoire, de même, comporte tous les clichés de l’époque. Des nobles alliés à des ennemis étrangers en veulent au pouvoir légitime. Une cour des miracles de voleurs, faussaires et assassins gentlemen vit sous la ville honnête et dominée. Les hommes de goûts sont à la fois de grands bretteurs et des peintres flamboyants. Les jeunes femmes ne savent guère ce qu’elles veulent et suivent le plus beau parleur. On va d’aventure en aventure, sans toujours trop de cohérence, mais avec panache, dans une veine feuilletonesque assumée.

Conclusion

Avec ce premier livre Powers montre qu’il sait décrire l’action, et inventer des rebondissements. Plus tard il apprendra à inventer des histoires intéressantes, qui auront heureusement moins besoin de péripéties rocambolesques…

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