Realms of Power: Faerie (Ars Magica)

Realms of Power: FaerieAprès les suppléments sur les royaumes divins, infernaux et magiques, voici le dernier, le quatrième, celui sur les fées. C’est aussi celui le plus controversé. En effet dans les précédentes éditions, les royaumes magiques et féeriques étaient assez proches. Il n’en va plus de même dans la 5e édition où ce livre établit une claire distinction entre les natures féeriques et magiques, et la nouvelle nature féerique n’est pas du goût de tout le monde.

Le livre s’ouvre sur une présentation des fées, qui entre de plein pied dans la métafiction et va bien plus loin (et est plus compliquée) que le concept original de « voisin étrange et encombrant » qu’ils étaient auparavant. Je n’entrerai pas dans les détails, mais cela donne aux fées une véritable raison pour boire tout les 31 décembre leur pot de lait sur le porche, garder des ponts perdus au milieu de la forêt ou capturer des princesses et attendre qu’un chevalier vienne les sauver. J’aime bien ce concept. D’une part il permet de les jouer à l’ancienne, comme des voisins pénibles, mais aussi de leur donner plus d’ampleur, de les faire sortir de leur rôle habituel pour certaines fées. Enfin il donne un réel intérêt à la compétence Faerie Lore, la connaissance devient un vrai pouvoir.

Suit une présentation du royaume féerique, enfin des trois différentes parties de ce royaume, à choisir par le conteur en fonction de ce qu’il veut jouer comme histoire. De manière similaire aux autres livres sur les royaumes, sont présentées le fonctionnement des auras, comment passer dans le royaume, ce qu’on peut s’attendre à y voir, ce qu’on peut espérer y trouver et en ramener. C’est standard mais bien fait, clairement expliqué avec moult exemples. Ce chapitre se conclut sur une liste de différents thèmes d’histoire, et les différentes façon dont ils peuvent être traités. C’est à la fois une source d’inspiration, une aide pour meneur fatigué et une base où puiser à la volée un personnage si le rythme retombe. Il y a même une table de génération de thème aléatoire.

Puis le très classique bestiaire. Comme toujours il est précédé par une section consacrée à la création de personnages, avec autant de règles que pourrait être nécessaire. C’est bien inutile pour moi mais j’ai cru comprendre que certains s’en servaient. Je ne suis pas certain que jouer une fée ait un grand intérêt, ou alors comme un personnage mineur ou un compagnon qui l’ignorerait ? En tout cas j’ai survolé cette section, ne lisant que les conseils généraux de conception de PNJ. Le bestiaire à proprement parler m’a bien plus intéressé. Chaque fée est statée, fournie avec son histoire, ses motivations, et classée par thème. C’est varié (plusieurs dizaines d’entrées) et agréable à lire mais quelque peu étrange. Y manquent les elfes, leprechauns, farfadets, membres du petit peuple, en somme les plus connues des fées ! Ce n’est pas a priori un gros problème mais j’ai trouvé cela un peu dommage.

Le dernier chapitre avant la conclusion est dédié aux personnages touchés par les fées. Que ce soit des demi-fées, des magiciens ayant conclu un pacte avec une fée ou des magi hermétiques un peu trop curieux, il y a des vertus pour tout le monde et heureusement assez peu de nouveaux mécanismes. Tout ceci reste tout de même assez faible d’un point de vue magie, en tout cas n’arrive pas à la cheville d’un magus hermétique. Je préfère quant à moi soit utiliser directement des fées, soit des magi qui s’y intéressent ou s’en servent, n’ayant pas un grand intérêt pour toutes ces sous-magi alignés à tel ou tel royaume. A noter toutefois que la vertu Faerie Blood est agrémentée d’une liste de possibilité d’héritage bien plus large que dans le livre de base : une quinzaine de races de fées différentes sont proposées et détaillées.

Le livre se conclut sur un chapitre consacré à la création de conte de fée. Il en détaille les différentes parties, les thèmes, les ambiances et en explique le fonctionnement. Cela est dans le fond fort sérieux (basé notamment sur des travaux théoriques de littérature assez poussés) mais présenté de manière simple et claire, facilement utilisable. C’est en fait à l’image du livre : pensé pour raconter des histoires. Autant les autres Realms of Power vont mettre en avant l’univers, le gain de pouvoir ou les questions morales, autant celui-ci tourne autour du conte, des histoires, comment les créer, les faire évoluer et y faire évoluer ses joueurs.

La page du livre sur le site officiel.

La critique de Jérôme Darmont.

Publicités

2 Responses to Realms of Power: Faerie (Ars Magica)

  1. Ping : Realms of Power: Faerie (Ars Magica)

  2. Ping : Houses of Hermès: Mystery Cults (Ars Magica)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s