L’Âge de la Déraison, de Greg Keyes

Voici une grosse uchronie en quatre livres, de la fantasy approchant par moment de la science-fiction. Le principe de base est simple, l’alchimie marche et les anges existent. Ici ce sont donc les travaux alchimiques de Newton qui lui ont assuré la consécration, par l’utilisation de l’éther et de la pierre philosophale. Ces travaux ont mené à nombre de découvertes médicales et « scientifiques », donnant vie à de nouvelles armes et à des élixirs permettant de prolonger la vie des monarques, celle de Louis XIV en particulier, lancé dans une nouvelle et longue guerre destructrice contre la Hollande et nos voisins d’outre-manche. Ils ont aussi permis de découvrir les « anges », plus proches de génies arabes en fait, vivant dans l’éther et pouvant actionner certains mécanismes alchimiques.

L'Âge de la Déraison I

Il ne faut pas chercher ici trop de réflexion historique, plus une ambiance qui reprend des personnages connus de l’époque comme Newton, Louis XIV, Pierre le Grand ou Benjamin Franklin, mais aussi les principales puissances politiques : l’Angleterre, la Russie, l’Autriche, l’Empire Ottoman, Venise, etc. Leurs interactions politiques et guerrières vont servir de toile de fond à la série, les rencontres avec les personnages historiques étant l’occasion de restituer une anecdote connue dans ce nouveau contexte. C’est bien fait et les anachronismes arrachent d’autant moins les yeux que l’élément fantastique est de plus en plus présent au fil des livres.

L'Âge de la Déraison II

Car la situation diverge de plus en plus. Des complots sont fomentés, dévoilés, pas toujours arrêtés, qui changent l’univers et la vision que le lecteur pourrait en avoir. En somme le contexte politique est vivant, même quand les personnages principaux ne sont pas aux premières loges, ce qui est une qualité de la série. L’évolution se fait évidemment aussi par le biais des personnages et de l’intrigue des livres, de manière loin d’être anodine, surtout après le premier livre. C’est d’ailleurs assez marquant : le premier livre présente l’univers, alors assez statique, avant que les changements ne s’emballent dans les livres suivants.

L'Âge de la Déraison III

La trame de l’histoire est plus que dense est frénétique. Comme on suit différents personnages il se passe toujours quelque chose, les liens n’apparaissant comme souvent qu’avec la progression de l’intrigue. Au final l’histoire est assez simple mais l’auteur l’emberlificote à loisir, jouant sur les points de vue des différents personnages pour ne donner qu’une vue partielle de la situation, poussant à lire la suite. Parce qu’il faut dire ce qui est : ce n’est pas pour le style ou la psychologie qu’on poursuit la lecture. Ni vraiment pour la cohérence de l’intrigue, la complexité induite par l’écriture de l’auteur masque les incohérences si on n’y prête pas trop d’attention.

L'Âge de la Déraison IV

Au final c’est une série de fantasy bien construite. On y trouve les ficelles habituelles avec quelques bonnes qualités :

  • un univers assez original (le XVIIIe siècle et l’alchimie),
  • un univers qui bouge et semble vivant alors que souvent il ne sert que de décor,
  • une intrigue bien emmêlée entre différents personnages.

Ce n’est pas grand chose, et c’est même à peu près tout ce qu’on peut trouver de bien dans ce livre, mais ça suffit à aller jusqu’au bout. En fait plus qu’une suite de romans cela aurait du être un jeu de rôle. Sur ce support les qualités auraient vraiment été utilisées à leur plein potentiel et les défauts auraient été, au moins partiellement, gommés chez les joueurs.

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8 Responses to L’Âge de la Déraison, de Greg Keyes

  1. Neit says:

    J’me souviens quand t’en avais adapté un scénario de JdR, j’avais trouvé ça chouette.

  2. Asmodeus says:

    Tiens si tu aimes bien Greg Keyes et si tu connais ou à jouer à Elder Scrolls, il a sortie un bouquin dans ce monde : La cité Infernale, édition Fleuve Noir.

    Je ne sais pas ce que ça peut valoir ?!

  3. Asmodeus says:

    En même temps un bouquin écrit pour mieux lancer un jeu vidéo ?…

    Pareil ou pas mieux,…
    Mais je me disais que peut-être avais tu craqué et qu’on aurais vu une critique fleurir d’ici peu.
    En même temps, j’informais, au cas où….il y’a des passionnés pour qui la qualité n’ai pas ce qui prime (cf livre warhammer 40000, la bit-lib) mais plutôt retrouver un monde ou une atmosphère.
    Tu pourrais avoir des vices, des défauts…et craquer sur ce livre.

  4. Asmodeus says:

    aie ça pique les yeux.

    Euh …je suis désolé pour l’orthographe.

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