Le Jeu de l’Ange, de Carlos Ruiz Zafon

Le Jeu de l'AngeÇa y est, j’ai fini les livres reçus à Noël (et ai fait une razzia en librairie pour les deux prochains moins), voici le dernier.

Il se déroule dans la Barcelone du début du XXe siècle, industrielle et sale, partagée entre riches et pauvres. On y suit plus particulièrement le destin de David Martin, futur écrivain, qui des piges pour un journal à une série de romans va grandir, littérairement et moralement. Soutenu par un riche mécène, il va faire son petit chemin de déception en déception. Il va notamment rencontrer un étrange éditeur lui promettant monts et merveilles contre un livre écrit selon ses directives. Confronté à une suite de morts dans son entourage il va prendre les devants et enquêter sur les machinations qui semblent se tramer autour de lui.

Débutant comme le roman d’apprentissage d’un écrivain et une histoire d’amour contrariée, il bascule peu à peu dans le fantastique et le policier. Le changement, c’est le point fort du livre, est subtil, lent et profond, influençant tout à la fois les personnages, leurs actions, mais aussi les décors dans lesquels ils évoluent, qui passent du Dickens au polar et au gothique. Cette plongée progressive dans une ambiance sombre et trouble est faite avec grand talent, qui ne rompt pas le charme malgré l’irruption d’éléments clairement fantastiques.

Le héros quant à lui n’est pas particulièrement sympathique. Il raconte l’histoire, une autobiographie fictive où il ne se met guère en valeur. S’il n’est pas sympathique, il est complexe, plein de doutes, d’espoirs et de déceptions mal digérées. Il s’intègre parfaitement dans l’ambiance du livre, et en joue, présentant en filigrane de sa vision du monde la réalité qu’il a du mal à percevoir à travers ses errements psychologiques. Pris au cœur d’une suite étrange d’évènements il va tenter tant bien que mal de s’en sortir, déroulant une enquête de polar plutôt classique sur le fond, émaillée de fantasmes et d’envolées littéraires.

C’est là d’ailleurs qu’on touche le point faible du livre : l’auteur esquive certaines questions, les explications de certains évènements. Peut-être les ai-je ratées ? En tout cas certaines réponses manquent à la fin, au-delà d’une incertitude propre au genre fantastique. L’auteur n’a peut-être pas trouvé la bonne façon de le donner ? Ou ne les connaissait-il pas ? Ce livre laisse en tout cas un goût d’inachevé, d’autant plus qu’on la lu très vite, emporté par un rythme qui s’accélère au fil de l’intrigue, maintenant en permanence le suspens sur la suite.

 

 

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