Zodiac, de Neal Stephenson

ZodiacVoici un petit livre de SF qui gagne à être connu. Son auteur l’est surtout pour des gros pavés, tournant à la philosophie sur la fin, mais il s’est cette fois restreint à un court roman, 400 pages en poche français, ce qui est très honnête de mon point de vue.

Dans l’Amérique contemporaine (quoi que légèrement datée, le roman ayant été écrit en 1988, avant le boom des téléphones portables) des activistes écologistes bostoniens luttent contre les dérives polluantes de l’industrie, à la fois par des opérations médiatiques et par des attaques juridiques, analyses de produits chimiques à l’appui. Le Zodiac en question est donc bien celui immortalisé par Greenpeace, petit bateau maniable et rapide parfaitement adapté pour faire des prélèvements express dans la baie de Boston.

Le héros est un petit génie de la chimie, drogué à son boulot pour un groupuscule écologiste, traquant les polluants jusqu’à leur usine d’origine. Tombant sur la piste d’une pollution particulièrement étrange, il va remonter la filière jusqu’à des apprentis sorciers d’un bord et de l’autre, avec gouaille et système D. Car si les sujets traités peuvent être graves, la pollution, la santé publique, le fanatisme politique, le ton est toujours enjoué. Le rythme est celui du thriller, plein de rebondissements, d’action, de courses et de poursuites. On ne s’ennuie pas.

Les personnages sont suffisamment originaux pour que même s’ils ne sont pas trop développés on les apprécie. L’intrigue est suffisamment intelligente pour qu’on n’ai pas le temps de réfléchir à ses défauts. Il y a la bonne dose d’indices que le lecteur aura le plus grand mal à interpréter a priori mais se rappellera avec plaisir a posteriori. Le style est enlevé, les descriptions plantant un décor allant du pittoresque, de l’humoristique, à l’épique, montant crescendo avec les enjeux manipulés par le héros.

Au final la forme est maîtrisée, le fond est bon, maintenant peut-être un peu dépassé, et le livre se lit avec plaisir, offrant au passage quelques réflexions intéressantes pour qui s’y attardera.

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2 Responses to Zodiac, de Neal Stephenson

  1. Neit says:

    Ce commentaire est plus large que seulement cet article (bien réalisé de surcroit, et toujours plaisant à lire), mais je tenais à t’annoncer très officiellement que je te retire ton surnom de Spoil-Man. Tes reviews sont très intéressantes mais ne gâchent absolument pas le plaisir de lecture, c’est vraiment très agréable.

  2. Ping: L’Âge de diamant, de Neal Stephenson « Le coin coin d'Imrryran

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