Héros et merveilles du Moyen Âge, de Jacques Le Goff

Héros et merveilles du Moyen ÂgeJ’ai lu ce livre en curieux, car le titre avait attiré mon intérêt. Il m’a intéressé d’abord comme passionné d’histoire, il m’a intéressé ensuite comme meneur de jeu. D’ailleurs je ne pense pas que ce livre s’adresse en priorité à des historiens professionnels.

Il consiste en une suite d’une vingtaine de clichés, appelons-les ainsi, du moyen âge, avec pour chacun un court texte sur la vision médiévale de ces héros et merveilles, comment cette vision pouvait être différente de la nôtre, et souvent une ou deux images d’époque la mettant en scène.

D’abord viennent des personnages. Ceux-ci peuvent être des personnages encore célèbres comme Charlemagne, le Cid ou Arthur et d’autres moins connus comme Hellequin, Renart ou la Papesse Jeanne, et empruntent tous plus à la légende qu’à l’histoire, même quand leur réalité ou irréalité ne fait aucun doute pour nous. Des héros d’ailleurs pas si héroïques que cela au final et c’est ce qui fait leur intérêt. J’ai notamment relevé avec l’auteur la forte propension à l’inceste des nobles héros, souvent oublié dans les réécritures modernes de ces mythes.

Sont également présentées des fonctions sociales bien connues actuellement comme le troubadour et le chevalier. Que serait la cour d’un grand prince sans sa cohorte de chevaliers et de ménestrels ? On voit bien ici la naissance des ces fonctions et des mythes qui en prennent le relais, à l’encontre de certaines idées reçues. Elles en ressortent comme des caractéristiques de l’univers médiéval bien plus intéressantes que les archétypes présentés maintenant.

Mais les textes les plus intéressants sont à mon avis ceux consacrés à des lieux, aussi bien le cloître monastique que le pays de Cocagne imaginaire ou la cathédrale gothique, sans oublier les fiers châteaux forts ! Tous illustrent à merveille un ou plusieurs aspects de la psychologie médiévale que nous présente l’auteur, bien éloignée de la nôtre, proprement étrangère cr s’appuyant sur une culture et des croyance que nous avons peine à appréhender.

Au final, plus qu’une histoire de ces personnages et lieux, c’est une histoire de l’imaginaire médiéval qui leur fut associé, et en tant que tel inestimable pour le curieux qui y chercherait à étendre ses horizons ou au meneur de jeu de rôle à la recherche d’idées de scénarios et de couleur locale.

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6 Responses to Héros et merveilles du Moyen Âge, de Jacques Le Goff

  1. Ping: Art & Academe « Le coin coin d'Imrryran

  2. abougraid says:

    Je voudrais bien savoir d’où vient cette expression vulgaire « Au final »?

    • Imrryran says:

      Pour autant que je sache : du XVIIIe siècle et de la théorie musicale.

      C’est d’ailleurs assez joli, plus léger sur la langue à mon goût que « finalement » ou « en conclusion ».

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