Serpentine, de Mélanie Fazi

SerpentineCela faisait bien longtemps que je n’avais plus lu de fantastique. De la fantasy oui, de la science-fiction en pagaille, mais du fantastique… Depuis des années peut-être ? J’ai retrouvé ce genre avec plaisir, l’ambiguïté de la réalité y est charmante après l’artillerie lourde des croiseurs interstellaires et des paladins chevauchant de dragons.

Ces quelques nouvelles fantastiques, où le doute se maintient jusqu’à la fin quand à la réalité des perceptions des personnages, permet à l’auteur (qui m’était inconnue jusqu’à présent, visiblement nouvelle venue) de peindre délicatement le portrait de ses personnages, dans leurs réactions fasse à cette irruption d’irréalité dans leur routine.  Le symbolisme est souvent fort, entre les décors, les personnages et l’élément fantastique.

Alors certes ce genre de récit, qui se place dans un contexte contemporain, quotidien, anodin, n’implique pas immédiatement le lecteur dans un univers de feu et de furie, dans l’exotisme de planètes ou de pays étrangers, dans la folie d’un personnage extra-ordinaire… Mais à celui qui sait se laisser mener il apporte une récompense valant bien des étoiles de la mort et des chevaliers-dragons, car non seulement plus subtile, mais aussi bien plus touchante. Naissant dans le quotidien, celui des personnages, non loin du nôtre, ces histoires s’y terminent aussi souvent, laissant une fois finie une douce amertume, une nostalgie prégnante que l’on aimerait ne pas lâcher.

Que ce soit une officine de tatoueur, une aire d’autoroute, une vieille maison familiale ou un petit restaurant grec, on ne peut être qu’envoûté par les évènement, naturels ou non, qui s’y déroulent. Les personnages principaux, souvent un duo, sont décrits par touches délicates, paragraphe après paragraphe. Jamais l’histoire n’est parasitée par des personnages secondaires ayant plus que ce qu’ils méritent de mots imprimés. Jamais l’intrigue ne dévie sans une bonne raison du chemin entre notre curiosité et sa satisfaction ravie. Ces nouvelles sont comme des flèches visant le cœur du lecteur, et qui heureusement font mouche à chaque fois.

J’ai vu que Mélanie Fazi avait écrit deux romans. S’ils sont ne serait-ce qu’à moitié aussi bons que ces nouvelles il ne fait guère de doute que je les achèterai !

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3 Responses to Serpentine, de Mélanie Fazi

  1. Asmodeus says:

    J’avais déjà vu son nom quelque part.
    Elle a sorti « Arlis les forains ».
    En cherchant j’ai trouvé ce site (d’une bretonne, libraire !!!! franchement la bretagne ça vous gagne…) :
    Je te le mets en lien car il y’a de bonnes critiques :
    http://parchmentsha.blogspot.com/2010/10/arlis-des-forains-de-melanie-fazi.html
    http://parchmentsha.blogspot.com/

    Coïncidence marrante, elle a un lien vers un forum de lecture, le cercle d’atuan où le livre du mois est « Bohème » de Gaborit.

    Merci pour le post, j’ai découvert un autre blog de critique de livre.
    Super.

    • Imrryran says:

      De rien ^^

      Arlis… je l’ai vu trainer en librairie et effectivement il avait l’air bien tentant, avec une belle couverture, sobre pour changer. Mais j’ai déjà une demi-étagère pleine de livres à lire donc…

  2. Ping : Notre-Dame-aux-Ecailles, de Mélanie Fazi

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