L’Anniversaire du monde, d’Ursula K. Le Guin

L'Anniversaire du mondeCe petit recueil de nouvelles explore les thématiques habituelles de Le Guin. Pour ceux qui l’ignorent, cette auteur est surtout connue pour ses livres prenant place dans l’univers de l’Ekumen.

Cette sorte d’ONU galactique permet de présenter à chaque livre une nouvelle planète peuplée d’humains, les habitants de chacune ayant une spécificité physique ou sociale. Certains sont hermaphrodites, d’autres reconnaissent quatre genres là où nous n’en voyons que deux, certains pratiquent l’esclavage comme ultime degré de civilisation, etc. Tournant souvent autour de la question (très américaine il me semble) des genres, cela permet d’explorer les conséquences psychologiques et sociales sur les habitants de cette différence. Cela passe assez souvent par le biais d’un agent de l’Ekumen, étranger qui découvre le monde, plus rarement par les yeux d’un indigène.

C’est aussi le cas dans ces nouvelles, même si les deux dernières ne sont pas liées à l’Ekumen. Le niveau est inégal mais dans l’ensemble correct. Certaines nouvelles, comme les hermaphrodites géthéniens ou le concept de moietié ne m’ont pas convaincus, donnant au final des nouvelles d’apprentissage et des histoires d’amour assez classiques même si bien traitées, avec un exotisme qu’on ne peut nier. Ce n’est juste pas le genre de thème qui m’attire dans la science-fiction, pouvant probablement être tout aussi bien traité dans un contexte réaliste. Peut-être ces nouvelles, qui se déroulent sur des planètes déjà explorées dans des romans de Le Guin, parlent-elles davantage à ceux qui ont lu ces romans ?

Par contre la nouvelle Paradis Perdus, basée sur l’idée pourtant classique des générations se succédant dans un vaisseau interstellaire subluminique, est un petit bijou de subtilité et de délicatesse où pas un mot n’est de trop. De manière j’ai été franchement séduit par Solitude où la société différente où évoluent les personnages (une société ayant rejeté une bonne partie des conventions sociales de base) est moins le sujet que la façon dont un personnage se perd dans l’objet de son étude. L’ethnologie y côtoie une psychologie très poignante, qui charme à la fois la tête et le cœur.

Finalement, même si certaines thématique ne m’ont pas forcément convaincu, force m’est faite de reconnaître que la forme est impeccable, parfaitement maîtrisée, la marque je pense d’un grand écrivain. Je ne peux donc que conseiller ce livre qui recèle des perles valant certainement son achat.

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