L’Instinct de l’équarrisseur : Vie et mort de Sherlock Holmes, de Thomas Day

L'Instinct de l'équarrisseur : Vie et mort de Sherlock HolmesQuand j’étais petit je me repaissais littéralement des aventures de Sherlock Holmes. Avant de découvrir Hercules Poirot, après en avoir fini avec J’aime lire. Enfin… J’aimais beaucoup ce détective cérébral, romanesque dans tous toutes ses attitudes, qui ne recule pas devant quelques coups de poing de temps en temps et peut appeler par leur nom tous les gamins entre le West et l’East End.

J’avais entendu pas mal de bien de La Voie du sabre de Thomas Day, bien que je ne l’ai pas encore lu. Quand j’ai vu L’Instinct de l’équarrisseur en rayon j’ai donc décidé de faire connaissance avec l’auteur. On suit ici les aventures de Conan Doyle qui voyage fréquemment dans une réalité parallèle où Sherlock Holmes, le Dr Watson et le Pr Moriarty vivent dans une Angleterre où ont élu domicile des extra-terrestres pelucheux. Revenu dans son monde, il conte les aventures édulcorées de Holmes, travestissant l’Assassin de la Reine en le détective que l’on connaît bien.

Effectivement on est loin du Holmes original. Mais pas tant que cela. Le personnage de Thomas Day est une version hypertrophiée de l’original. Son penchant pour les stupéfiants devient une dépendance insurmontable à une drogue bien pire que tout ce qu’on lui connaît, son insensibilité devient amoralisme revendiqué, ses facultés déductives de la manipulation, son œil d’aigle ne repère pas les indices mais les lignes de mire vers sa victime. Le personnage de Conan Doyle (rappelons-le l’auteur de notre Sherlock) ne se prive d’ailleurs pas d’insister sur ces différences, et d’ironiser à leur sujet. Watson quant à lui devient un inventeur, toujours bon vivant, mettant bien en valeur son ami au nez aquilin.

Et Day brode autour de ce personnage charismatique, s’inspirant de nombre d’autres références de l’époque. La révolution industrielle bien sûr et tout son cortège de personnages historique où Jack London figure en bonne place au côté d’apparitions plus furtives comme le Sundance Kid ou Tesla, le Monde perdu également (si vous ne l’aviez pas deviné d’après la couverture), Jack l’éventreur finalement. Rien d’inventif dans le fond disons-le, mais la sauce prend diablement bien, surtout qu’à la différence de Gaborit il décrit ses décors d’une manière très vivante, donnant aux lieux les plus importants le caractère proprement tragique ou épique qui sied à un roman d’aventure.

L’intrigue elle-même se tient bien, progresse à bonne vitesse et réserve son lot de surprises, pour les personnages et le lecteur.  On y voyage beaucoup, sautant au passage entre les points de vue de différents personnages, abandonnant pour deux ou trois chapitres ce bon docteur Doyle au profit d’une jeune criminelle. On y tue beaucoup aussi, et de manière sanglante ainsi que le laisse penser le titre, ce n’est pas un roman à faire lire à des enfants. Pour le coup le fond de l’histoire est bien en rapport avec son style et ses personnages, produisant une redoutable, délectable, alchimie qui titille malgré nous certaine glande cervicale qu’on découvre dans l’ouvrage.

Alors ce n’est pas un pastiche, une parodie, c’est un hommage ! Et délicieux.

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