Bloodsilver, de Wayne Barrow

BloodsilverCe roman est la rencontre on peut le penser assez improbables des vampires et de la conquête de l’ouest américain. Il prend comme base le débarquement sur la côte est de vampires au XVIIe siècle, le même moment où y débarquent des puritains et autres immigrés venus y chercher une terre vierge.

De ce débarquement, après quelques heurts avec les populations indiennes et européennes établies dans les environs, part le Convoi, caravane de chariots bâchés de plomb abritant les vampires, organisés selon une hiérarchie stricte, à la recherche d’on ne sait quoi vers l’ouest. S’y oppose une Confrérie des Chasseurs, quelques hommes sans peur faisant feu de tous leurs colts.

Les auteurs parcourent l’histoire et l’espace de l’Amérique naissante, par de courtes nouvelles mettant en scène un personnage particulier, rarement deux fois le même, souvent aux prises avec les vampires d’une manière ou une autre, généralement assez violente. Car il est bien question là de la conquête de l’ouest, depuis les sorcières de Salem jusqu’à Hollywood, en passant par les coureurs des bois français, les ruées vers l’or (ici l’argent, seul métal à tuer les vampires) Billy the Kid, Mark Twain, les colts, les Winchesters, les Pinkerton, ou encore Poe et le spiritisme. Les amateurs de la série Deadwood seront en terrain connu. Tous ces clichés son repris, utilisés, détournés, soulignés avec un humour omniprésent. Il peut être difficile de comprendre certaines allusions, mais une recherche sur Wikipedia éclairera les zones d’ombres de la « culture western » de tout un chacun.

Je pourrais épiloguer sur le symbole du convoi traversant le continent américain vers l’ouest comme le télégraphe, le chemin de fer ou les prospecteurs mais… Le style lui-même est direct, sans fioritures. On est dans le western qui sent le sang, la sueur et l’alcool, pas chez Ingalls, les scènes sont souvent violentes, la poudre parle plus souvent qu’à son tour et le nombre de morts à la nouvelle est impressionnant. Ces vampires sont aux antipodes de ceux d Twilight ou d’Anne Rice, en tout cas dans le regard qui nous est donné sur eux. L’ambiance est sans aucun doute bien plus proche de Vampires de Carpenter que d’Entretien avec un vampire.

Ce n’est pas un livre à thèse, pas même vraiment un livre avec une bonne idée, mais c’est un livre qui se lit bien, qui distrait, qui amuse. Pas émouvant, pas intellectuel, juste franchement divertissant tout en restant cohérent.

PS: pour l’anecdote, Wayne Barrow n’existe pas, il a été « inventé » par Johan Heliot et Xavier Mauméjan, deux écrivains français de SF.

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5 Responses to Bloodsilver, de Wayne Barrow

  1. Asmodeus says:

    + 1 comme on fait sur les forums.
    C’est un très bon roman écrit par 2 spécialistes de l’uchronie (Johan Héliot est plus spécialisé dans le SteamPunk)
    Avec cependant 2 bémols :
    – Il faut aimé les livres sans vraiment de personnages centraux, de héros. Ici c’est un livre la conquête de l’ouest vu par les vampires. pour couvrir la globalité de la période la trme du livre est découpé en scène.
    cela peut en rebuté plus d’un.
    – Normalement, il devait y avoir une suite au livre, et il laisse un goût d’inachevé à la fin.
    La collaboration des 2 écrivains c’est poursuivi mais sur une série de romans de Jeunesse.

    ********** Digression Rôlistique******

    Quand j’ai lu ce livre, je jouais à Vampire et c’est un plus pour apprécier le livre (ce qui fait aussi que je ne suis peut-être pas totalement objectif)
    Vampires (ou Dark ages) est un des meilleurs jeux de rôles auquel j’ai joué. Surtout en campagne, sinon cela ne sert à rien. Cependant, il faut vraiment un très bon conteur et de très bon Joueurs; c’est un jeu de rôles qui ne souffre pas la médiocrité.

  2. Imrryran says:

    C’est sûr que ce n’est pas un roman, mais est un recueil de nouvelles thématiques, chacune ayant ses personnages, son intrigue propre, ses décors bien à elle, etc. En fait il n’y a que Mark Twain comme personnage principal qui traverse véritablement toute la période, de sa naissance à sa mort, avec plusieurs nouvelles l’impliquant.

    Personnellement la fin ne m’a pas choquée : elle clôt bien la période. L’Ouest est conquis, ses morts oubliés ou magnifiés, on fait même des films dessus. Les États-Unis sont nés comme le dit très bien le titre du film (remplaçant au passage la guerre de sécession par la conquête de l’ouest, les noirs qui débarquent en France pour faire la guerre par des vampire en vêtements noirs), l’histoire est racontée. Une suite devrait aussi changer de registre, celui du western n’étant plus adapté (roman noir ? sf pulp ? c’est ce qui me semble le plus caractéristique de la période suivante en matière de paralittérature).

  3. Neit says:

    Je me disais bien aussi que c’était trop facile, que l’auteur s’appelle Wayne. 🙂

  4. Asmodeus says:

    Une petite conférence sur l’utilisation de pseudo avec ayne Barrow himself !

    Conférence Imaginales 2010 : Je est un autre… Les écrivains et leur pseudonyme.

    de Wayne Barrow et Laurent Gidon et Alain Grousset et Brice Tarvel

    http://www.actusf.com/spip/article-9523.html

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